LES MEILLEURS ENFANTS DE HADJOUT ONT REPONDU A L’APPEL DU 1er NOVEMBRE 1954

ILS ONT REPONDU A L’APPEL DU 1er NOVEMBRE 1954

NOS MARTYRES

 

 

 

 

Ezzedami Mohamed, âgé alors de 26 ans

Ezzedami Mohamed, âgé alors de 26 ans

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LA GRANDE PLACE DE HADJOUT BAPTISÉE MOHAMED BOUDIAF ???

Bonjour à tous, un document rare pour ne pas dire inédit, écrit de la main de Mohamed Boudiaf de Berne en Suisse le 29 octobre 1954, que NACER BOUDIAF a voulu partager avec vous.

un document rare pour ne pas dire inédit, écrit de la main de Mohamed Boudiaf de Berne en Suisse le 29 octobre 1954

un document rare pour ne pas dire inédit, écrit de la main de Mohamed Boudiaf de Berne en Suisse le 29 octobre 1954

 

Berne le 29 octobre 1954.
Chers frères,
Faisant suite à mon télégramme d’hier dont j’attends encore la réponse je vous écris dans le but de vous faire presser en vue de faire diligence auprès des autorités égyptiennes pour l’obtention du visa, ce qui entre nous nous sera embêtant dans ce sens que d’ici lundi je serai en difficulté au point de vue financier si rien ne se fera dans ces trois jours.
D’autre part je veux vous informer sur la situation telle que je l’ai laissé chez nous. Comme vous le précisera mon télégramme de demain, la circoncision aura lieu le 1er Novembre à 1 H (31 au soir). Nous avons gardé le secret de cette date dans le but bien arrêté d’éviter certaines fuites qui après le retour de Zoubir n’ont pas manqué de provoquer de la part du C.C des réactions malheureuses sur lesquelles vous serez plus amplement informé sitôt parmi vous et en face de ceux qui représentent cet organismes.
Pour le moment, il est bon de vous avertir qu’au déclenchement des appels au peuple dont ci-joint un exemplaire, que je vous prierai de conserver, seront diffusés partout.
Quelques jours après, une proclamation suivra et précisera notre position entre les deux clans.
Les frères sont intransigeants sur ce côté et n’acceptent aucun parrainage. C’est la raison qui doit vous animer pour observer une attitude conforme à celle arrêtée pour éviter des malentendus qui pourraient être graves pour l’avenir de l’action.
A mon arrivée, je ne manquerai pas de vous éclairer sur la nécessité d’une position aussi mûrement réfléchie, compte tenu des attitudes des deux antagonistes et surtout de l’état du militant et du peuple qui condamnent les deux.
En attendant, faites le nécessaire par l’un de vous à la voix des arabes. Le mieux c’est de lire l’appel vous-même en citant des passages du nôtre. Le lundi au soir sera le meilleur et fournira aux nôtres un appui certain pour leur travail.
Pour ce qui est de l’autorité il à été arrêté pour le moment et pour l’extérieur que seuls vous trois aucun autres n’a pouvoir pour parler au nom de cette action. Je vous informerai plus en détail sitôt au Caire.
Signé Tebbib
PS : Si vous voyez que la demande de visa demande plus de temps, ne manquez pas dans la mesure de vos possibilités ou m’envoyer quelques fonds pour subsister. Ma place est payée, ce qu’il me faut c’est surtout des frais de séjours, les amis m’ont donné au départ 100 000 frs, ce qui fait juste, juste le voyage d’Alger au Caire avec 10000 frs en poches et je suis à Berne depuis mercredi. Pensez-y un peu je vous prie.

La déportation des Braknas

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L’association El Barkania (non agréée) et le Cercle de l’âge d’or de Hadjout ont organisé une rencontre très intéressante au niveau du siège de l’APC de Hadjout, samedi dernier, pour célébrer le 170e anniversaire de la déportation des Braknas.

Khelil Lahcen, Bekat Nadir  et Mme Sari Nora se sont relayés devant une assistance nombreuse venue de Cherchell, Koléa, Blida et Alger pour animer les conférences sur les combats héroïques menés par les Braknas, les Hadjoutes, les khalifes Benaïssa El Berkani, Mahieddine Med Seghir et Sahraoui Tahar Malek El Berkani. Les recherches effectuées par les trois intervenants ont permis d’abreuver le public d’une foule d’informations sur ces pans de l’histoire d’Algérie occultés malheureusement. Lahcen Khelil, président de l’association Cercle de l’âge d’or, dira en substance : «c’est une rencontre qui nous permettra de libérer quelques faisceaux de lumière pour éclairer le passé révolutionnaire de cette partie de l’ouest de la Mitidja il y a 170 années, et faire sortir de l’oubli les héros algériens qui ont lutté contre l’occupant français et se sont sacrifiés pour notre pays d’une part, et d’autre part évoquer les souffrances des Algériens de cette partie ouest de la wilaya de Tipasa, dont certains avaient été déportés dans des conditions inhumaines vers la Nouvelle-Calédonie et l’île de Sainte-Marguerite en France», ajoute-t-il. Bekat Nadir El Berkani a démontré son talent d’avocat, en évoquant, avec moult détails, l’épopée de Benaïssa El Berkani depuis l’origine de sa tribu, aux liens avec les autres khalifes, avec l’Emir Abdelkader, sa bravoure et son intelligence pour mener les révoltes contre des armées françaises mieux dotées en moyens humains et en équipements militaires.

«La résistance contre l’occupant français était farouche. Au moment où notre pays célèbre le cinquantenaire de l’indépendance, il est temps et impératif de parler à nos enfants de ces décennies de lutte contre les Français dans cette partie de l’Algérie. L’Emir Abdelkader n’était pas seul, car il y avait des hommes qui sont morts dans les batailles», précise-t-il. L’orateur s’interroge toujours sur le lieu où a été enterré Benaissa El Berkani. Mme Sari Nora a choisi de parler de Malek El Berkani, né en 1801 à Menaceur (ex-Marceau) jusqu’à sa mort en 1871, de son influence durant les révoltes du XIXe siècle et sa capacité dans l’organisation des batailles contre l’occupant ainsi que les ratés de l’Emir Abdelkader dans certaines décisions qui avaient suscité les mécontentements des khalifes. Autant d’informations qui ont séduit le public nombreux. Les trois orateurs ont également lu les courriers authentiques entre les héros algériens et les hautes autorités militaires coloniales au XIXe siècle. La conférence a duré plus de trois heures. Le président de l’association Cercle de l’âge d’or de Hadjout a réussi son premier pari, à l’instar du président de l’association culturelle Ben Allel de Koléa, un coup de projecteur sur ces révoltes populaires contre le colonialisme français qui sont méconnues par les Algériens et occultées dans les livres d’histoire de l’Algérie.  
 

Où est donc le DEVOIR DE MÉMOIRE COLLECTIVE de HADJOUT ???

Petite histoire aux grandes conséquences

Février 1958, l’OM (Olympique de Marengo) accueille le Galia sport d’Alger dans un match de football explosif, sur une action menée tambour battant par le milieu de terrain des marengoins, une reprise de volée de l’avant centre local a failli faire mouche. Du haut de la tribune, une voix s’éleva : « La prochaine fois brosse la balle khouya (mon frère) », aussitôt une autre lui répliqua : «He Cap, apprend à ton frère à brosser » (sous entendant à cirer les chaussures). Ce fut les paroles du sergent René Ducarmes qui était à l’époque à la SAS de Meurad (village à 4 km de Marengo).  Se sentant insulté dans son propre pays par un colon,  le dit Cap, qui était en fait un diminutif d’Al Capone et qui en réalité s’appelait Mohamed répondit : « Viendra le jour, Monsieur Ducarmes, où ça sera vous qui lui cirerez les chaussures ».

Dans un silence de cathédrale, les supporters colons français suivirent le restant de la partie en ayant cette phrase dans leur tête et qui bourdonne dans celles qui sont encore en vie. Elle fut prononcée ce dimanche du mois de février 1958, suivirent le lundi, le mardi et le mercredi, depuis ce jour là on n’a plus revu Monsieur Ezzedami Mohamed, âgé alors de 26 ans, frère de Ezzedami Zoubir qui était l’avant centre de l’équipe de l’OM.

Ce mercredi, tu avais conduit ta femme de 21 ans et tes enfants 2 ans, 1 an, et 2 mois faire un tour à Hamam Righa dans ta Citroën 15 légère mais tu as rebroussé chemin car tu te sentais suivi, tu as déposé ta petite famille chez les grands-parents derrière l’hôpital, tu as dit à ton épouse : « Je vais chercher à souper pour les enfants » Malheureusement, personne ne t’a revu, apparemment tu as été emmené de force devant la maison rue de la batterie (Douar el zouaoui) dans une voiture noire où l’on a du t’assommer à coup de crosse pour t’y faire pénétrer. La suite n’est que supputation, certains disent que tu as été assassiné tout de suite, d’autres disent que tu as du creuser ta tombe de tes propres mains dans les environs de Kasbar, un petit cimetière situé sur la droite avant d’arriver au rond point de Hamam Righa, possible que ce soit là ta dernière demeure et que tu as voulu indiquer à ta famille qu’il fallait regarder dans cette direction en effectuant ton ultime escapade avec elle. Tu as été à 13 ans l’ainé de 7 enfants orphelins de père et de mère, tu as réussi à les élever et à leur donner tout ce dont ils avaient besoin malgré ton jeune âge, tu as dormi sur les tables en marbre des abattoirs, été comme hiver, pour leur laisser la place chez l’un ou l’autre oncle. Personne n’a manqué de rien, sauf de toi quand tu n’as plus été là. On t’a surnommé Al Capone parce que, dans ta démarche et allure fière, tu as su assortir ta tenue vestimentaire ce qui te donnait un air de ressemblance à celui qui reignait sur Chicago à cette époque, cela faisait des envieux et des jaloux dans toute la communauté coloniale. Tu as toujours défendu les faibles, tu as pleuré quand ton ami et frère Sid Ali Hocine fut assassiné par l’armée française, tu voulais le venger mais la maladie t’avait retenu au lit. Tes escapades nocturnes vers le maquis pour ravitailler les Moudjahidines n’étaient connues que par ta belle-mère qui savait, à sa manière, rassurer sa fille. Quelquefois tu es apparu dans des rêves, beau et élégant, fidèle à ta réputation, tes paroles furent : « Je viens juste voir si vous allez bien ». Je te rassure, Papa, que nous allons tous bien, du moins nous deux, ta dernière t’avait rejoint à l’âge de 6 mois suite au chagrin de ton épouse du à ton absence. La personne (ton frère Zoubir) qui s’est occupée de nous après ta disparition l’a fait d’une manière plus qu’exemplaire, nous a donné une très bonne éducation, de l’assistance, de la tendresse et de l’amour dont tout enfant peut espérer. Au point de se sacrifier pour pas mal de choses afin de nous voir heureux mais cela tu dois le voir de là où tu es. Plusieurs personnes dans ton cas ont disparu et dont leurs parents se posent des questions et aimeraient, ne serait-ce que connaître l’endroit où ils sont enterrés afin d’aller  prier sur leur tombe.

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Tu as donné ta vie, tu as payé par tes mots ce que les uns et les autres attendaient parce que, malgré les apparences, tu étais discret sur l’essentiel c’est-à-dire le combat pour la liberté de l’Algérie. Nous sommes fiers de toi d’avoir annoncé, en public et dans une tribune, la fin du colonialisme quatre ans avant, malgré toi, et est-ce là un cadeau du ciel qui te fut donné juste avant ta mort pour t’exprimer debout, devant un parterre de monde et dire ce qui te tenait le plus à cœur? Cette place n’est donnée, dans ce bas monde, qu’aux gouvernants et toi tu l’as eue à 26 ans dans ton pays qui est l’Algérie et de surcroît sous l’occupation. Tu resteras à jamais vivant dans nos coeurs et nos pensées car les HEROS ne meurent jamais. Allah yarahmek wi wassaa alik dar el-daima, Allah yarhem el chouhadas.

Je suis fier de toi papa.

Par Kouider Ezzedami….Titre de cette page par le webmaster